Accueil › Avocat entreprises en Algérie › Articles

Algérie

S'implanter en Algérie : les erreurs à éviter pour une entreprise étrangère

Ce qui se règle avant de signer

Par Ilyès Dogheche, avocat au Barreau de Lille 6 min de lecture

S'implanter en Algérie est possible pour une entreprise étrangère, y compris en détenant seule le capital dans la plupart des secteurs, mais les erreurs commises au départ se paient souvent des années plus tard. Les plus fréquentes : choisir une structure sans vérifier la règle 51/49 et les règles sectorielles, s'associer sans vérifier son partenaire, signer un pacte d'associés trop léger, sous-estimer le contrôle des changes, négliger la marque et la traduction, et ne pas suivre l'évolution de la réglementation. Chacune se prévient par des vérifications simples, faites avant de signer, avec un conseil algérien.

Erreur n° 1 : s'implanter en Algérie sans vérifier les règles de structure

La règle 51/49, qui imposait une majorité algérienne dans toute société à capitaux étrangers, a été levée pour la plupart des activités. Elle demeure pour certaines activités qualifiées de stratégiques et pour l'importation de marchandises destinées à la revente en l'état. D'autres secteurs obéissent à des agréments ou à des conditions propres.

L'erreur consiste à choisir une structure (filiale, succursale, bureau de liaison) en fonction d'un modèle utilisé ailleurs, puis à découvrir que l'activité envisagée n'est pas accessible sous cette forme ou exige un partenaire local. Vérifiez par écrit, avant toute démarche, le classement de l'activité telle qu'elle sera inscrite au registre du commerce. Voir notre article sur la règle 51/49 et le cadre de l'investissement en Algérie.

Erreurs n° 2 et 3 : le choix du partenaire et le pacte d'associés

S'associer sans vérifier son partenaire

Lorsqu'un partenaire algérien est nécessaire ou souhaité, il est parfois choisi sur la base d'une relation personnelle ou d'une recommandation. Peu d'entreprises mènent une véritable vérification préalable.

Avant de s'associer, il faut au minimum vérifier :

  • l'existence et la situation de ses sociétés au registre du commerce ;
  • sa situation fiscale et ses éventuels litiges en cours ;
  • ses autres activités, notamment concurrentes ;
  • la réalité de ses apports annoncés : locaux, réseau, autorisations.

Ces vérifications se font sur place, avec un correspondant qui connaît les sources disponibles.

Signer un pacte d'associés trop léger

Les statuts types ne règlent ni la gouvernance réelle, ni la sortie. Un pacte d'associés doit organiser au moins :

  • la répartition des pouvoirs et les décisions soumises à l'accord des deux parties ;
  • l'information financière due à l'associé étranger ;
  • les clauses de sortie, de préemption et de valorisation des titres ;
  • un mécanisme en cas de blocage ;
  • une clause de règlement des litiges claire, souvent un arbitrage international avec un siège neutre.

Sans ces clauses, un désaccord devient rapidement une impasse. Voir notre article sur le conflit avec son associé algérien.

Erreur n° 4 : sous-estimer le contrôle des changes

Le dinar n'est pas librement convertible, et les flux avec l'étranger passent par les banques agréées sous le contrôle de la Banque d'Algérie. Deux erreurs reviennent souvent.

La première porte sur l'apport initial. Le droit au transfert des dividendes et du produit de cession suppose en principe que les capitaux aient été importés par voie bancaire et dûment constatés. Un capital libéré en dinars, ou par un tiers, peut fermer cette porte. Voir notre article sur le rapatriement des bénéfices et dividendes depuis l'Algérie.

La seconde porte sur les flux intra-groupe : prêts d'associés, contrats d'assistance technique, redevances. Chacun obéit à ses propres conditions et doit être structuré et documenté dès le départ. Pour les ventes à des clients algériens, voir aussi notre article sur le paiement bloqué en Algérie.

Erreur n° 5 : négliger la marque, la traduction et les contrats locaux

La marque

Le dépôt de la marque auprès de l'INAPI, l'Institut national algérien de la propriété industrielle, ou son extension à l'Algérie par la voie internationale, doit intervenir avant toute commercialisation et avant de confier la marque à un partenaire ou à un distributeur. Une marque non protégée peut être déposée par un tiers, parfois par le partenaire lui-même.

La traduction

Certaines démarches administratives et judiciaires en Algérie exigent des documents traduits par un traducteur officiel. Un contrat signé en français seulement peut devoir être traduit au moment où un litige survient, sous la pression des délais. Il faut décider dès la signature de la langue qui fait foi, prévoir les traductions nécessaires et vérifier leur exactitude.

Les contrats

Les contrats signés avec des clients, fournisseurs ou distributeurs algériens doivent prévoir la loi applicable, la juridiction ou l'arbitrage, et l'articulation avec les formalités bancaires.

Erreur n° 6 : ignorer l'évolution de la réglementation et rester seul

La réglementation algérienne en matière d'investissement, de change et de commerce extérieur évolue souvent, parfois par voie de loi de finances. Une structure conforme au moment de sa création peut être affectée par un changement ultérieur.

L'erreur est de piloter l'implantation uniquement depuis l'étranger, sans correspondant sur place. Un réseau local permet de suivre les textes, de vérifier les formalités et d'intervenir rapidement en cas de difficulté. Pour comprendre comment s'organise ce travail, voir notre article sur l'avocat pour une entreprise française en Algérie.

Que faire maintenant

  1. Faites vérifier par écrit le classement de votre activité au regard de la règle 51/49 et des réglementations sectorielles.
  2. Menez une vérification préalable sur tout partenaire envisagé avant de signer quoi que ce soit.
  3. Importez le capital par voie bancaire et conservez toutes les attestations.
  4. Déposez votre marque avant la première commercialisation ou la première discussion avec un distributeur.
  5. Ne signez aucun pacte ni contrat sans clause de règlement des litiges adaptée et sans stratégie de traduction.

Pour une présentation de ce pôle, consultez la page avocat pour les entreprises en Algérie. Le cabinet Bayān (Ilyès Dogheche, avocat au Barreau de Lille, 19 boulevard Denis Papin) accompagne les entreprises dans ce type de dossier, en coordination avec un réseau de correspondants à Alger.

Questions fréquentes

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes quand on s'implante en Algérie ?

Choisir une structure sans vérifier la règle 51/49 et les règles sectorielles, s'associer sans vérifier son partenaire, signer un pacte d'associés incomplet, mal documenter l'apport en capital, oublier de déposer sa marque et ne pas suivre l'évolution de la réglementation. La plupart se préviennent avant la signature.

Faut-il un partenaire algérien pour s'implanter en Algérie ?

Pas dans la plupart des secteurs : depuis la levée de la règle 51/49 pour la majorité des activités, un investisseur étranger peut en principe détenir seul le capital. La règle demeure pour certaines activités stratégiques et pour l'importation destinée à la revente en l'état. Faites vérifier votre cas par un conseil algérien.

Faut-il déposer sa marque en Algérie avant de s'implanter ?

Oui, c'est fortement recommandé. La protection s'obtient par un dépôt auprès de l'INAPI ou par une extension internationale désignant l'Algérie. Sans dépôt, un tiers peut enregistrer la marque et bloquer votre activité.

Vous êtes concerné par cette situation ?

Un premier échange permet de faire le point sur votre dossier, vos options et les délais à respecter. Le cabinet intervient depuis Lille, dans les Hauts-de-France et partout en France.

Cabinet : 19, boulevard Denis Papin, 59800 Lille · idogheche@bayan-avocat.com

Découvrir notre intervention en algérie →

Ilyès Dogheche, avocat au Barreau de Lille

Ilyès DoghecheAvocat au Barreau de Lille, cabinet Bayān. Contentieux des affaires : conflits entre associés, contentieux d'acquisition, contentieux commercial et export en Afrique.

Article d'information générale, régulièrement mis à jour. Il ne constitue pas une consultation juridique : chaque situation appelle une analyse de ses faits et de ses documents.

Parler de votre situation →